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Le Camp des Milles

vendredi 3 mars 2017, par Administrateur

La sortie au camp des Milles des 3e

Lundi 23 et Mardi 24 Janvier 2017, les élèves de toutes les classes de 3e ont participé à une sortie, organisée par les professeurs d’Histoire-Géographie, au Site-Mémorial du camp des Milles, à côté d’Aix-en-Provence.

Les élèves vous racontent l’histoire du camp des Milles...
« Le camp d’internement des Milles s’est installé dans une ancienne usine de tuiles et de briques. Au début de la Seconde Guerre mondiale, entre 1939 et le printemps 1940, les internés au camp des Milles sont des hommes de nationalité allemande (et pourtant souvent des anti-nazis qui avaient fuit leur pays) considérés comme des « ennemis de la France ». Sous le régime de Vichy, entre 1940 et 1942, les internés étaient des hommes étrangers considérés comme « indésirables ». La camp de Milles a ensuite participé à la Shoah, car, pendant l’été 1942, il a servi de camp de transit vers Auschwitz pour des juifs étrangers (hommes, femmes, enfants) raflés dans la région. » (Inès et Aglaé)

A leur retour, les élèves se sont mis à la place des internés et ont rédigé des textes magnifiques. En voici deux, mais il y en a bien d’autres...
« Aujourd’hui, c’est le 24e jour de mon internement au camp des Milles. Vingt-quatre jours de souffrances, vingt-quatre jours que je dors sur le sol, sur 10 cm de poussière d’argile avec un peu de paille pour me couvrir, vingt-quatre jours que je m’ennuie et que je meurs de faim car ce n’est pas avec 30 g de viande par jour et un bol de soupe que je vais être rassasié. Mais mes vingt-quatre jours ne sont rien comparés à ceux qui sont là depuis des mois et qui survivent tant bien que mal. J’essaie de tuer l’ennui en dessinant, en peignant, en pensant à ma femme qui je l’espère m’attend dehors avec mes enfants, mais j’ai l’impression que c’est l’ennui qui me tue. Je m’habitue peu à peu à l’obscurité, au froid, à la chaleur, au manque d’espace et d’intimité. Je me demande quelles sensations je vais ressentir quand je sortirai d’ici vivant, enfin si j’y arrive et que je ne meurs pas avant. » (Victor)

« Cette vie, je ne peux plus la supporter, je ne peux plus la surmonter. Chaque nuit, je suis réveillé par les rats qui circulent dans cette usine, chaque nuit hanté par le vent glacial qui rôde dans ces couloirs. Cette poussière qui étouffe mon âme, brûle mes yeux et m’emmène vers mon tombeau. Le nom de cette femme qui est écrit sur les murs, je ne peux m’en démêler, je ne peux l’oublier. Alors, je compte ces ombres qui plongent de cette fenêtre, encore et encore. »(Aïcha)

Voici quelques souvenirs de cette journée !
« J’ai beaucoup apprécié cette visite car ça m’a fait apprendre que nous sommes chanceux par rapport aux personnes qui ont subi la guerre. » (Firat)

« Ce qui m’a touché, c’est de savoir que des personnes peuvent traiter d’autres personnes aussi brutalement et violemment, et les traiter comme du bétail... » (Carl)

« Ce qui m’a le plus choqué, c’est le fait de traverser les endroits où autant de gens ont souffert et de savoir que plein de gens ont adhéré à l’idée de faire autant de choses meurtrières. » (Loïs et Antonin)

« Cette visite a été particulièrement enrichissante et émouvante. Le mémorial rappelle le passé et propose des réflexions et des prises de conscience pour éviter que de tels drames ne se reproduisent... » (Aïcha)

« C’était génial et j’ai beaucoup aimé. Ça m’a permis de comprendre que nous sommes tous pareils, tous égaux et que nous devons accepter chaque personne telle qu’elle est et non la détester à cause de son origine, de sa religion... » (Fatima)

« Nous avons appris comment arrêter un génocide. On s’est régalé, mis à part qu’il faisait froid. » (Nathan, Vincent)

« Ce qui nous a le plus touché , c’est que des innocents qui n’ont rien demandé sont déportés comme des animaux. » (Binti et Marie)

« J’ai appris que la violence est partout sans que l’on s’en rende compte. Elle part de préjugés et de stéréotypes, et arrive aux génocides et à l’extermination d’un peuple... » (Sofiane)

« La visite m’a appris que même dans un lieu qui n’est pas loin de chez moi, il s’est passé des choses horribles dans le passé, que les horreurs que peuvent faire les hommes peuvent recommencer, qu’il faut être vigilant et qu’il est important de s’exprimer. Le fait que l’on traite les victimes comme des bêtes m’a vraiment touché. Je ne l’aurais pas supporté si j’avais été dans la même situation. » (Marie et Jonathan)

« J’ai bien aimé cette visite. Elle nous fait ouvrir les yeux sur l’atrocité humaine et nous montre qu’il ne faut pas fermer les yeux sur le passé... » (Jasmine)

« Nous avons pu apprendre plus sur leurs conditions de vie, la misère dans laquelle ils ont vécu. C’est un lieu chargé d’émotion. On comprend mieux, nous avions l’impression d’être à leur place. Nous avons aimé en savoir plus sur les résistants, ceux qui ont tenté de faire de leur mieux pour aider les personnes enfermées dans le camp au péril de leur propre vie. C’est assez triste de savoir que la France a contibué à la mort de ces personnes, de ces enfants qui n’avaient rien demandé... » (Jenna et Yannis)

« On s’imagine être à leur place, mais pour moi, c’est impensable de faire ça à des hommes. Ça pouvait être eux, comme nous. » (Quentin)

« On était en contact avec la réalité. » (Inès)

« C’était vraiment touchant de voir leurs dessins sur les murs... » (Nicolas et Lyronn)

« Nous avons marché sur le même sol qu’eux. » (Ilana et Margot)

« C’est dur de réaliser que cela existait vraiment car tout cela est inhumain. Ça nous a appris des choses sur la vie (arrêter de se plaindre pour rien...) et ça fait réfléchir... » (Charline et Julia)

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